Bienvenue à Jurmala, le « Saint-Tropez » letton

La station balnéaire compte 55 000 habitants et attire de plus en plus de touristes. Pour conquérir une nouvelle clientèle, la ville a diversifié ses activités.

Jurmala

La plage de Dzintari, à Jurmala. ©Laetitia Dive

En ce premier week-end de juin, l’artère principale de Jurmala est investie par des touristes désireux de profiter des premiers rayons du soleil. Comme un seul homme, les voyageurs du train en provenance de Riga s’engouffrent dans la petite ville, direction la plage. Chaque jour, des dizaines de trains font le trajet depuis la capitale, située à quarante kilomètres.

A peine arrivés, les touristes sont alpagués par des vendeurs de glace, nichés entre des chalets de bois qui longent la rue piétonne. Dans l’un d’eux, une femme vend pour 10 euros des t-shirts à l’effigie du président russe Vladimir Poutine. Ici, beaucoup de commerçants ne s’expriment qu’en russe. « Nous ne savons jamais si nous devons parler russe ou anglais », s’amuse Laurent, un visiteur français amateur des pays slaves. Avec sa femme Maryse, ils ont pris une semaine de vacances pour visiter la Lettonie après avoir vu l’émission Thalassa consacrée au golfe de Riga. « Quand j’ai dit à mes collègues que je partais en Lettonie, ils ont réagi comme si j’allais sur la planète Mars ! », s’exclame la Française, tombée sous le charme du pays.

Jurmala, escale détente convoitée

Comme beaucoup d’étrangers, le couple profite de son séjour à Riga pour visiter Jurmala. « Nous avons de plus en plus de visiteurs d’un jour, explique Gunta Uspele, responsable du développement du tourisme dans la station. En 2014, 4 millions de visiteurs sont passés à Jurmala le temps d’une journée« . Outre les 26 kilomètres de plage, la ville propose des activités variées qui attirent les Lettons comme les étrangers. 

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Gunta Uspele travaille de plus en plus avec des pays d’Europe de l’Ouest pour attirer des touristes. ©Mathilde Siraud

Ce dimanche, les rues sont encombrées par une course cycliste. La ville est l’hôte de nombreuses compétitions internationales en sports nautiques, beach volley ou hockey sur glace. Ce mois-ci, la salle des concerts de Dzintari accueille le Forum international des arts et l’orchestre philharmonique de Russie. Sur la plage, les attractions se multiplient à l’approche des vacances d’été. Les pédalos côtoient de gigantesques installations gonflables pour les enfants. Et dans les bars qui bordent la forêt de pins, les vacanciers d’un jour affluent pour commander des cocktails. 

Ici, le tourisme de masse augmente sans cesse depuis une vingtaine d’années. Mais c’est l’entrée de la Lettonie dans l’Union européenne en 2004 qui a véritablement accentué le phénomène. Alors que la station balnéaire a toujours été très prisée par les Russes, aujourd’hui, les vacanciers de l’Union européenne sont de plus en plus nombreux à y séjourner. « L’entrée dans la zone euro l’année dernière a aussi été bénéfique, cela simplifie la vie des voyageurs », ajoute Gunta Uspele. Depuis le début de cette année 2015, le nombre de touristes a augmenté de près de 4 % par rapport à l’an dernier. 

Journée plage et massages

Pour découvrir l’autre facette du tourisme de Jurmala, il faut se rendre dans l’un des hôtels de la ville qui proposent des soins, comme l’Hotel Jurmala Spa, 11 étages, 190 lits et presque autant de personnel. « Ici, on a la plus belle vue de la ville », vante Rasma Valdmane, responsable marketing de l’hôtel, depuis l’ascenseur vitré. Au bout d’un couloir, elle désigne deux portes : l’une donne sur une salle de massage avec des appareils dernier cri, l’autre sur une pièce dont les murs sont en sel. « Cela aide à la respiration, les patients viennent ici pour se relaxer », commente la responsable en désignant des chaises longues. 

La chambre de sel de l’Hotel Jurmala Spa. Les patients y viennent pour soigner leurs problèmes respiratoires. ©Mathilde Siraud

« Nous proposons une offre de services très diversifiée, la moitié des visiteurs viennent pour des soins, les autres pour la région et la plage », vante Gunta Uspele, de l’office du tourisme. Depuis près de cinq ans, la ville reçoit aussi de nombreux séminaires. Des entreprises de plusieurs pays se tournent vers la station balnéaire. « Quoi de mieux qu’un massage entre deux réunions de collaborateurs ? », lance-t-elle l’air amusé. L’office du tourisme coopère notamment avec les pays voisins comme l’Estonie et la Lituanie, mais aussi avec la Norvège, la Finlande, la Suède et l’Allemagne. Les pays de l’Europe de l’Ouest sont une nouvelle cible stratégique. « C’est pour cela que nous incitons les commerçants à apprendre l’anglais lors de cours que nous organisons », pointe Gunta Uspele. 

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Rasma Valdmane, responsable marketing du Jurmala Spa, un des deux plus gros centres de soins de la station balnéaire ©Mathilde Siraud

Ce dimanche, à 19h, le train qui file vers Riga est plein. Un sac de plage à l’épaule, une mère frotte la tête de son fils pour enlever les grains de sable sur ses cheveux. Comme beaucoup, elle est venue passer la journée à Jurmala et rentre chez elle. Habituée de la station, cette famille n’y a pourtant jamais passé une nuit. « Aujourd’hui, l’un des principaux enjeux, c’est d’avoir du monde dans les établissements hôteliers. Notre proximité avec Riga est à la fois un atout et un handicap », constate Gunta Uspele, qui espère que le retour du beau temps incitera les touristes à rester plusieurs jours. Heureusement, les établissements sont déjà presque pleins pour les vacances d’été. Et affichent complet tous les week-ends. 

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Toutes les 20 minutes, un train relie Jurmala à Riga. ©Laura Bayoumy

Laetitia Dive, Mathilde Siraud

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